Et le colibri ? À chacun sa part, ici et maintenant !

PM 301 c1 42x60 logo « S’occuper de son prochain, c’est pour moi un axe de vie, une concrétisation de mon engagement à servir, notamment les plus pauvres. Nous sommes appelés à l’humilité et à faire notre part, modestement mais avec énergie ». (Présence Mariste n°301, octobre 2019)

Mme Millet s’est beaucoup investie, comme bénévole, depuis très longtemps dans diverses associations d’aide aux personnes. Elle est engagée dans l’action politique depuis mars 2008, y voyant une opportunité de servir le bien commun. Elle remplit plusieurs mandats municipaux et est Présidente de l’UDCCAS qui regroupe une soixantaine d’adhérents et qui aident les CCAS (Centres Communaux d’Action Sociale) à accomplir leurs missions : formation, veille sociale, groupes de travail…
S’occuper de son prochain
Marylène MILLET

Jean Paul II disait à propos de la fraternité que : « les chrétiens, notamment, savent que leurs devoirs à l’intérieur de la création, et leurs devoirs à l’égard de la nature et du Créateur font partie intégrante de leur foi » (1).

S’occuper de son prochain, par exemple des personnes âgées isolées ou de personnes démunies, c’est pour moi un axe de vie, une concrétisation de mon engagement à servir, notamment les plus pauvres. Mon devoir à l’intérieur de la création ! L’exemple de Noé nous rappelle qu’il suffit parfois d’un homme bon pour contribuer au bien, c’est-à-dire l’intérêt de la communauté sans que chacun au sein de la communauté ne soit lésé !

Nous sommes appelés à l’humilité et j’aime la fable du colibri qui nous incite, chacun, à faire notre part, modestement mais avec énergie.

Le bien commun durable et intégral

Le bien commun implique le respect de la personne humaine comme telle, avec des droits fondamentaux et inaliénables, et la recherche de son développement intégral, comme l’exprime la formule du Pape François dans sa remarquable encyclique Laudato si’  : « le bien durable et intégral ».

Rechercher le bien commun exige ainsi de préserver les générations futures.
Les récentes manifestations autour du climat, cette contestation pacifique qui part des individus, notamment les plus jeunes, nous invitent à réfléchir sur cette notion de bien commun. Ainsi, le Pape François dans Laudato si’ dit : "le climat est un bien commun, de tous et pour tous". Il nous invite à la protection de la Création, à la sobriété heureuse.

Prendre soin des plus fragiles

Si le bien commun invite à la protection de notre environnement et au bien-être des générations futures, il nous oblige également à améliorer la vie de chacun autour de nous, à l’instant, notamment la vie des plus fragiles. C’est pourquoi je suis engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées.

Pour éteindre un incendie, un tatou dit : « Ami colibri, pourquoi ces efforts inutiles ? Tu t’épuises pour rien ! » Le colibri répond : « Je sais ! Mais j’aurai fait ma part ! »

En 2003, en France, lors de la canicule, on a découvert qu’on pouvait mourir, non pas seulement de chaleur, mais de déshumanisation, de solitude absolue. Cette désespérance m’a fortement interpellée et j’ai souhaité, au travers de plusieurs engagements, concrétiser cet appel à s’occuper des plus âgés, notamment en participant avec de nombreux acteurs institutionnels et associatifs à la lutte contre l’isolement des personnes âgées (MONALISA). Il me semble qu’une société qui laisse ses aînés sur le bord du chemin a justement perdu le sens du bien commun et court à son anéantissement.

Servir, c’est « s’enrichir »

Servir mais aussi s’enrichir des apports des autres car le bien commun est source de lien entre les hommes. Quand je participe à une action collective, je participe à une œuvre plus large que moi-même et donc je grandis. C’est le sens de l’action associative, politique que de contribuer à des actions qui nous dépassent. Pour essayer de vivre avec générosité et peut-être… sagesse.

Mme Marylène MILLET
(Publié dans « Présence Mariste » n°301, octobre 2019)