Un camp avec adultes marqués par un handicap

PM 298 logo " Le camp appelé aujourd’hui « vacances en famille » se déroule sur 3 semaines animées par 3 équipes d’animateurs bénévoles avec la participation d’infirmières et de docteurs". (Présence Mariste n°298, janvier 2019)

Quand on parle de « handicap », on pense facilement à la personne qui se déplace difficilement, qui peut avoir de la peine à s’exprimer, qui a des réactions ou comportements particuliers.
F Joseph Marconnet
F Joseph Marconnet

Mais si on réfléchit un peu, chacun peut se trouver quelque « handicap » certes moins voyant mais bien réel au niveau nourriture, le corps refusant de digérer tel ou tel aliment, handicap au niveau de la mémoire, au niveau du caractère… On est tous plus ou moins handicapés. Alors, comment vivre une semaine avec des personnes en grande difficulté, comment s’apprivoiser, se comprendre, échanger, se rendre service ?

Une expérience de camp bien rôdée

Jean Vanier, fondateur de l’Arche et Marie-Hélène Matthieu, ont voulu que les « handicapés » aient aussi droit et puissent participer aux mêmes projets et animations des adultes. Pour eux, ils ont ainsi créé et organisé avec des familles d’handicapés, les amis, des animations nouvelles.
Bien d’autres initiatives ont été prises, les camps par exemple. C’est ainsi que le Père Roger Oléon du diocèse du Puy en Velay a lancé, en 1973, le premier camp dans la maison familiale et comme le groupe de participants s’est agrandi, on a trouvé d’autres structures d’accueil plus vastes tels que les gîtes.

Handicappés, camp de vacances

Les premiers lieux choisis se situaient en Haute-Loire et maintenant des participants viennent des départements voisins. Le camp appelé aujourd’hui « vacances en famille » se déroule sur 3 semaines animées par 3 équipes d’animateurs bénévoles avec la participation d’infirmières et de docteurs. Mais il a fallu être imaginatif, plein d’écoute et de dévouement pour rendre le séjour agréable, avec la découverte de la région et vivre ensemble selon l’Évangile.

Le Christ, notre guide

Il suffit de regarder le Christ, un Maître doué en communication, en observation, en écoute, disponible 24 h sur 24 et s’en inspirer. Jésus est l’Éducateur, le Maître qui sait écouter, comprendre, aider l’autre. On peut aller voir de plus près comment se déroule sa rencontre avec l’aveugle de Jéricho (Mc 10, 46-52). Personnage à casquette

Sur sa route, Il entend l’appel de l’aveugle. Il s’arrête. Il s’intéresse à lui, le fait appeler, le regarde, lui fait exprimer sa demande qu’il prend en considération alors qu’autour de lui, on veut le faire taire. Il l’écoute, il l’exauce en louant sa foi. Cette approche de la personne nous guide dans nos rencontres. Humilité, égalité, vérité, respect, service, foi partagée : des valeurs qui nous animent.
Les pauvres de cœur, les petits sont au centre du Royaume : ils sont les bien-aimés de Dieu. Jean Vanier dit que : « Jésus nous bouscule dans notre orgueil, nos peurs et nos blocages pour faire resplendir la lumière qui est en chacun de nous… Il vient guérir l’image cassée de chacun. Si tu deviens l’ami du pauvre, tu seras béni de Dieu. »

Jésus s’est choisi comme disciples, des pauvres, prêts à marcher avec lui, à agir dans la simplicité et la vérité et, ainsi, prêts à se laisser guider par lui dans nos paroles et nos actions.

F. Joseph MARCONNET
(Publié dans « Présence Mariste » n°298, janvier 2019)