Oui, le sport possède nombre de vertus qui concourent à l’épanouissement de l’être humain. Mais reflet de nos sociétés, il doit en affronter toutes les dérives liées à la financiarisation à outrance et à la violence.
Le sport, produit financier comme un autre ?

Des JO sous la coupe des financiers
Que sont devenues les valeurs qui ont présidé aux Jeux Olympiques ? Victime de son succès, le sport est aujourd’hui la proie d’une finance sans foi ni loi !
Depuis 1968, le dépassement du budget des Jeux Olympiques frôle les 180 % en moyenne. Or Les villes hôtes doivent prendre en charge les déficits du Comité d’Organisation : qui doit payer ? le contribuable bien sûr ! Pourtant les JO génèrent beaucoup d’argent et le CIO perçoit les droits de retransmission (3,91 milliards de dollars en 2012) et l’argent des sponsors (957 millions de dollars versés par McDonald’s et Coca-Cola entre autres).
Le système sportivo-industriel a phagocyté le sport professionnel dont les grandes compétitions sont autant d’occasions pour des pratiques mafieuses : corruptions, caisses noires, blanchiment d’argent sale, matchs et paris truqués …

Le dopage pour le spectacle
Le dopage est le fruit de l’exigence de la performance à tout prix. Pourquoi le record est-il un enjeu crucial ? Parce que c’est lui qui retient le spectateur devant sa télé : 100 000 heures de retransmission en 2010 dont les droits et les bénéfices liés à la publicité vont enrichir les fédérations.
De plus le dopage, qui touche tous les sports, est impossible à enrayer puisque les laboratoires qu’il enrichit ont toujours plusieurs longueurs d’avance sur les rares laboratoires mandatés par l’Agence Mondiale Antidopage et capables de détecter les dernières substances mises sur le marché du sport.
Le sport, espace de violence ?
Bizutage, harcèlement, racisme, sexisme, violence sexuelle : le sport n’échappe à aucun des maux de notre société. Certains même y seraient sur le podium, telles les violences sexuelles. Une étude commandée officiellement par le Ministère des Sports (2009) y estime à 11,2 % le taux de prévalence des expositions aux violences sexuelles, soit deux fois supérieur aux autres milieux.
La ministre déléguée aux sports, Roxana Maracineanu, a ainsi révélé qu’au 1er juin 2020, 177 personnes, dont 110 éducateurs, issues de quarante fédérations, avaient été mises en cause dans des affaires répertoriées par la Direction des Sports. 98 % des victimes étaient mineurs au moment des faits et 78 % de ces mêmes victimes étaient des femmes.
La France, une nation sportive propre ?
A quatre ans des Jeux Olympiques de Paris, la France veut renforcer son arsenal contre les dérives du sport. D’après Le Monde, un futur projet de loi du Ministère des Sports prévoirait notamment la création d’un parquet consacré aux délits liés au sport. En février 2020 a été lancée la première convention nationale de prévention des violences sexuelles dans le sport.
Allez, on y croit !